1. Or, comme la foule se pressait vers lui pour entendre la parole de Dieu, et qu'il se tenait sur le bord du lac de Génésareth,

  • Si j'ai bien compris, c'est la foule qui le suit depuis qu'hier soir (samedi) il avait guéri leurs malades.

2. il vit deux barques qui stationnaient sur le bord; les pêcheurs étaient descendus et lavaient les filets.

  • Serions-nous le matin ? Ils n'ont rien pris et, descendus de leurs barques, ils lavent les filets, oui, ça pourrait être le matin. Quand dorment-ils ? Aux heures chaudes de la journée, l'après-midi. Le matin qui suit la nuit de pêche, ils s'affairent (Cf. Jean 21).

3. Il monta dans une des barques, qui était à Simon, et le pria de s'éloigner un peu de terre; et s'étant assis, de la barque il enseignait les foules.

  • Ca arrive souvent qu'on ignore ce qu'aux foules Jésus disait--dommage, ça m'aurait beaucoup intéressé. Ce n'est pas le propos de l'évangéliste. Il en dit assez, selon lui. Si j'en veux plus, où chercher ? Oui, où chercher ? Pas dans le livre, certes, mais où ? Dans la vie. Dans ma vie. Dans l'Eglise. L'Eglise qui est chez moi.

4. Lorsqu'il eut cessé de parler, il dit à Simon: " Mène au large, et jetez vos filets pour la pêche. "

  • ils, pluriel, donc Simon et un collègue. Et Jésus. Trois personnes dans la barque.
  • Quel rapport avec la choucroute ? Pourquoi jeter les filets ? A mon sens, la justification est de nourrir la foule. Notez bien, Jésus ne dit pas : Et si on nourrissait la foule ? Juste : jetez vos filets pour la pêche. Le sens échappe aux protagonistes.

5. Simon répondit: " Maître, toute la nuit nous avons peiné sans rien prendre; mais, sur ta parole, je jetterai les filets. "

  • Le sens leur échappe--n'auraient-ils pas pu s'en rendre compte par eux-mêmes ? Devant les foules, les disciples auront les deux attitudes, si je me souviens bien, s'inquiéter ou s'en remettre à Jésus. Aujourd'hui, ils ne sont pas disciples et, clairement, ne se sentent pas concernés par la foule.
  • Jeter les filets, ceux qui sont restés dans la barque, pas ceux qu'ils en avaient sorti pour les laver--ils n'ont pas rembarqué pour pêcher mais pour rendre service à un illustre inconnu. Inconnu ? Non : Jésus a guéri la belle-mère de Simon la veille ou l'avant-veille. Simon soupçonne le thaumaturge sous le burnou.

6. Et l'ayant fait, ils prirent une grande quantité de poissons; et leurs filets se rompaient.

  • Yes, man !

7. Et ils firent signe aux compagnons, qui étaient dans l'autre barque, de venir à leur aide. Ils vinrent, et on remplit les deux barques, au point qu'elles enfonçaient.

  • Dans Jean 21, ils sont à sept dans une barque et ne peuvent remonter le filet, qui eût pu craquer au 154ème gros poisson (sans préciser combien de menus poissons alourdissaient la prise). Estimation : une barque enfonce avec trois passagers et 500 kg de poisson. Deux barques, une tonne de poissons.

8. Ce que voyant, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus en disant: " Eloigne-toi de moi, parce que je suis un pécheur, Seigneur! "

  • A genoux dans la barque, assez grande barque, pour s'y agenouiller, ou encore pour sept personnes et un filet de poisson (Cf. Jean 21).

9. Car la stupeur l'avait envahi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche des poissons qu'ils avaient faite;

  • Guérir sa belle-mère, OK, mais faire, en plein jour, s'enfoncer deux barques sous le poids de poissons, ça impressionne Simon.

10. et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient associés à Simon. Et Jésus dit à Simon: " Ne crains point; désormais ce sont des hommes que tu prendras. "

  • Parole absconse, voire abstruse. Simon est sous le choc, de toutes façons. Ce qu'il voit, comme nous, c'est un thaumaturge sympathique, hypnotique. Ca lui prendra mille jours et quelques expériences cuisantes vécues dans le pardon et l'amour du Maître pour qu'il se lève et parle devant une foule et devant des spécialistes pour cet homme étonnant au risque de sa propre vie. Mille jours, c'est bien peu pour une telle transformation.

11. Ils ramenèrent les barques à terre et, laissant tout, ils le suivirent.

  • Ils viennent de faire la pêche du siècle et se congratulent, professionnels qu'ils sont, du revenu exceptionnel qu'ils en tireront tout à l'heure au marché ? Eh bien, non. Ils laissent les poissons dans les bateaux et, devant Zébédée médusé, suivent Jésus. Plausible ? Certainement. Et tous ces poissons, vont-ils pourrir au soleil ? Non, la foule est là, Jésus, l'air de rien, la nourrit. Là où passe Dieu, point de manque, point de gâchis, point d'excès. La silencieuse évidence de ce qui est juste au moment juste.