Pour nous inviter à nous préparer à Pâques, lors de la célébration d’entrée en Carême, le prêtre marque notre front de cendre. Qu’y avait-il avant la cendre ? Du bois, quelque chose de vivant, quelque chose d’utile, mais ça n’est plus que cendres. La cendre signifie que je suis limité dans ce que je fais, dans ce que je suis, elle me rappelle ma mort à venir Dieu sait quand.

Personnellement, chaque année, lorsque je reçois les cendres, je ressens trois choses contradictoires. D'abord, je me sens bizarre : être marqué du signe de ceux qui sont mortels, de ceux qui sont poussière et retourneront à la poussière, je n’en ai pas envie ! Curieusement, je me sens aussi soulagé de faire partie de ces obscurs et de ces humbles qui par millions ont vécu sur cette terre et dont nul ne se souvient : eh non, le sort du monde n’est pas suspendu à ma vie. Mais voilà, je sens quand même que ce que je vis est important : en quoi suis-je aujourd'hui source de paix et de joie pour les autres ? Alors je jette un coup d’œil à ma vie : « Mouais, c’est un bon début mais j’ai beaucoup à faire pour être joie et paix autour de moi, je suis loin d’être semblable à Jésus, aimant chacun, attentif à tous ». C’est alors, au moment de recevoir la cendre sur le front, que j’entends le prêtre me dire : « Convertis-toi et crois à l’Evangile ». Cette parole, je la reçois comme venant de Jésus et je réponds à Jésus : « Merci, Seigneur, tu me redonnes ta confiance, ne te lasse pas de m’accompagner ; je veux cheminer avec toi, apprends-moi à être ton compagnon ».