Je suis abasourdi par la violence du livret de Da Ponte qui fait la trame de Cosi Fan Tutte, de Mozart.

En résumé :

  • Tout est permis aux garçons, comploter, mentir, séduire. C'est pour la bonne cause. Eux, ils jouent, alors c'est pas grave.
  • Les filles sont scélérates et sont seulement dignes de mourir en punition de leur crime de lèse-garçon. Parce qu'elles, elles ne jouent pas, alors c'est grave.
  • Seulement, si les garçons punissent les filles, comme ils en ont le droit (les filles elles-même le leur reconnaissent), en fait ça ne vaut pas le coup. D'abord, tel garçon aime bien telle fille. Ensuite, il faudrait en changer, or "elles sont toutes pareilles".
  • Aussi Alphonso donne-t-il ce merveilleux conseil aux garçons, et c'est là tout son message : épargnez-les, de toute façon il n'y en a pas une pour rattraper l'autre (cosi fan tutte, toutes pareilles !), si vous punissez celle-ci, la suivante pourrait être pire encore.
  • Alors, restons comme ça... Les hommes ont droit de vie et de mort sur les femmes. Ces dernières doivent la vie à leur acceptation de la domination masculine. Tout est bien qui finit bien. Amen.

J'ai sous les yeux, en 2017, un mari tout puissant assurant une totale domination sur son épouse à coup d'humiliations répétées, de dévalorisations publiques, d'épreuves alambiquées, d'isolement calculé et, si ça ne suffisait pas, de violence physique. Il dévitalise sa femme sous nos yeux. Excusé par son fils comme "le vieux mâle dominant". Ca a l'avantage de rendre la situation pensable.

Cosi Fan Tutte, un livret de macho pour les machos, une caution pour les pervers narcissiques.