La vie est injuste.

Un père terrorise ses enfants, petits. N'est-ce pas ZE péché ? Il a épousé une femme qu'il chérit, en tous points remarquable, une épouse qui l'aime et croît et embellit avec le temps. N'est-ce pas ZE bonheur ?

Donc, pas de jugement ici-bas ? Certain psalmiste est révulsé. Ce papa devrait être jugé pour le péché entre tous : terroriser l'innocent, et par deux fois, encore ! Ce monstre devrait souffrir chaque jour du fait de sa monstruosité. Ce n'est pas ce qui advient. Dieu ne punirait pas le monstre ? Dieu le comblerait de biens ? Oui, c'est possible. 

Ce qui rend la vie injuste, c'est en partie, il me semble, que Dieu ne juge pas, en tous cas pas comme nous. Le bonheur, il en fait don, largement. Pas de mérite de notre part. En même temps, le bonheur est fragile, comme la vie. Son absence, que nous nommons malheur, est injuste, elle aussi.

Le mérite, ce serait bien, non ? Comme ça, nous aurions de quoi nous rassurer. Une sorte de permis de bonheur à points. Pas besoin de bien conduire pour conserver son permis de conduire, juste ne pas faire d'erreur pendant 6 mois, 2 ans... Eh bien non. Pas de permis de bonheur qu'une vie de vertu ou une absence de péché pourrait nous garantir. Le monstre est comblé de biens, le juste souffre le martyre.

Comme l'écrit William A. Anders, l'astronaute d'Apollo 8 à qui nous devons la célébrissime photo du lever de Terre (24 décembre 1968), nous arrivons au Paradis non quand nous mourons, mais quand nous naissons, sur cette bonne vieille Terre.

T'en penses quoi, l'ami Job ?