J'ai entendu toute ma vie le mot "extraordinaire" dans la bouche maternelle. Récemment : "regarde comme tu plies ta serviette : c'est extraordinaire !" A en croire que tout devrait être extraordinaire, à commencer par moi.

Du coup, quand je réussissais brillamment, c'était normal. Quand je peinais à briller, j'abandonnais : si je n'étais pas extraordinaire, ce n'était pas pour moi. Jouer de la guitare ? Soit j'improvise des solos de folie, soit j'arrête de jouer. J'ai arrêté...

Aujourd'hui, je me sens normal et heureux. En même temps, je désire des sensations extraordinaires, des transports magiques, des émois mystiques. J'imagine même transgresser des règles pour vivre intensément. Je ne reconnais pas mon bonheur.

Avec MBSR, je détecte mes pulsions pour l'extraordinaire et les avise tendrement. Menteuses ! leur dis-je. 

Je commence à faire rimer bonheur avec ordinaire. Rime pauvre, pour l'instant.

Le bonheur, cette normalité.