Fidèle à mon analyse (JR est atteint de perversion narcissique), je lui prête le moins d'attention possible. Il cherche le contact.

Il jette des ballons d'essais, comme s'il tâchait de se rassurer : est-ce que j'existe ? Il perçoit son existence seulement par les interactions qu'il a avec les autres (c'est une définition opérationnelle de la perversion narcissique ?). Peu importe ce qu'on pense de lui, peu importe les sentiments qu'on lui témoigne, il prend tout comme marque d'existence. Il ne marque pas d'intérêt pour les réponses qu'on donne à ses questions, il lui suffit de noter que la moindre de ses questions fait mouche, la moindre de ses remarques fait son effet, la moindre de ses piques blesse. De plus, aucune marque d'affection ne vient combler son manque, aucune ne semble remplir pour quelque temps son réservoir d'estime de soi.

Je remarque que sa fille se mobilise au moindre geste, à la moindre parole de son père. Cette fois-ci, j'en suis témoin et je m'en amuse de façon sarcastique. En fait, j'en reste à l'approche pré-psalmique : tu soignes le méchant, pourquoi donc ? Ces soins montrent combien sa fille peut être attentionnée. Je ressens également de la jalousie : attentionnée à ce méchant bien plus qu'à moi !

Au fait, est-ce si important ? Un tyran domestique prend sa femme en otage et met au pas ses enfants. So what ? Quel impact, au-delà du strict cercle familial ? il s'agit de 10 personnes tout au plus. Much a do about nothing.

En tous cas, j'ai noté certaines choses ce week-end :

- sa fille, à moi, en colère : Et si tu lui fais péter un câble, tout le monde sera malheureux, on sera bien avancé !!

- JR n'a pas réagi à mon éloignement systématique, ma tactique ne lui a pas fait péter un câble.

- JR fait mine de s'intéresser à ce que veut devenir sa petite-fille. Il réagit aux déclarations d'icelle, avec force mimiques : "Ah oui, tu en es capable, toi ?? j'en suis très étonné !!" du style "moi je te connais bien, tu n'es pas comme ça". Ce qu'il a fait à ses enfants, aussi. Ils en souffrent encore.

- Au moment du départ, emmitouflée, son épouse a fondu en larme. Nous l'avons consolée. Ils sont partis.